Traitement médicamenteux de l’obésité : pourquoi l’accompagnement diététique reste essentiel
Le traitement médicamenteux de l’obésité a profondément changé la prise en charge de nombreuses personnes. Des traitements comme le Wegovy® (sémaglutide) ou le Mounjaro® (tirzépatide) peuvent aujourd’hui aider certaines personnes à réduire leur poids et à améliorer leur santé métabolique.
Mais faut-il pour autant considérer ces traitements comme une solution « miracle » ? Non. Et cela ne signifie pas non plus qu’ils sont inutiles ou qu’il faudrait réussir à perdre du poids uniquement grâce à son alimentation.
Le traitement médicamenteux peut être une aide thérapeutique importante. L’enjeu est de profiter de cette aide pour travailler, en parallèle, sur les habitudes de vie, le comportement alimentaire et la relation au corps et à l’alimentation.
Que fait réellement le traitement médicamenteux de l’obésité ?
Les médicaments actuellement utilisés dans la prise en charge de l’obésité, notamment ceux agissant sur les hormones intestinales comme le GLP-1 ou l’association GIP/GLP-1, peuvent notamment agir sur les mécanismes qui régulent l’appétit et la satiété.
Chez certaines personnes, ils permettent ainsi de :
- diminuer la sensation de faim ;
- ressentir plus rapidement la satiété ;
- réduire les pensées alimentaires et certaines envies alimentaires ;
- faciliter la diminution des quantités consommées ;
- aider à obtenir une perte de poids lorsque les changements du mode de vie seuls ne suffisent pas.
Cette action peut représenter une véritable aide pour des personnes qui vivent depuis longtemps avec une faim importante, une satiété difficile à percevoir ou une relation compliquée avec l’alimentation.
La Haute Autorité de Santé rappelle cependant que le traitement médicamenteux de l’obésité doit s’intégrer dans une prise en charge globale et que les interventions nutritionnelles et l’activité physique doivent être poursuivies.
Le médicament agit sur certains mécanismes… mais il n’apprend pas à manger
C’est ici que l’accompagnement diététique prend tout son sens.
Un traitement peut diminuer la faim, mais il ne permet pas nécessairement de savoir quoi manger lorsque l’appétit revient. Il ne permet pas automatiquement d’identifier ses sensations alimentaires, d’organiser ses repas, de retrouver un rythme adapté ou de construire une alimentation suffisamment variée et équilibrée.
Il ne travaille pas non plus, à lui seul, sur tout ce qui peut influencer le comportement alimentaire :
- un rythme de vie décalé ;
- un sommeil insuffisant ou irrégulier ;
- le stress ;
- les repas pris dans l’urgence ;
- l’alimentation émotionnelle ;
- les grignotages liés à certaines habitudes ;
- une relation difficile avec son corps ;
- la peur de reprendre du poids ;
- les restrictions alimentaires répétées ;
- ou encore une difficulté à écouter ses sensations de faim et de satiété.
Le traitement peut donc ouvrir une fenêtre de changement. L’accompagnement diététique permet d’utiliser cette période pour construire des habitudes qui pourront rester présentes dans la durée.
Et si l’appétit revient ?
C’est une question importante que nous entendons souvent.
L’objectif n’est pas simplement de « profiter du médicament pour manger le moins possible ». Une perte de poids obtenue dans un contexte de restriction excessive peut s’accompagner de fatigue, de carences nutritionnelles, d’une alimentation déséquilibrée ou d’une perte de masse musculaire.
Le suivi diététique permet au contraire d’adapter l’alimentation aux nouvelles sensations alimentaires et aux nouvelles quantités tolérées, tout en veillant aux apports en protéines, fibres, vitamines et minéraux, à l’hydratation et à la qualité globale de l’alimentation.
Il permet également d’apprendre progressivement à reconnaître les besoins de son corps, plutôt que de dépendre uniquement de règles alimentaires.
Le traitement n’efface pas la relation au corps
Perdre du poids ne signifie pas automatiquement se sentir mieux dans son corps.
Certaines personnes peuvent avoir consacré beaucoup de temps à leur poids, à leur silhouette ou au contrôle de leur alimentation. Même lorsque le poids diminue, les préoccupations corporelles peuvent rester présentes.
Le suivi peut alors permettre de travailler sur une relation plus apaisée à l’alimentation et au corps, sans tomber dans une nouvelle forme de contrôle permanent.
Lorsque cela est nécessaire, le suivi diététique peut également s’intégrer dans un parcours pluridisciplinaire avec le médecin prescripteur, un psychologue, un psychiatre ou d’autres professionnels de santé.
Un accompagnement personnalisé à Marseille 13e
Au Cabinet de la Rose, dans le 13e arrondissement de Marseille, nous proposons désormais un accompagnement diététique spécifiquement adapté aux personnes bénéficiant d’un traitement médicamenteux dans le cadre de leur obésité.
C’est Nathalie Orovac, diététicienne spécialisée en endocrinologie, qui assure cet accompagnement.
L’objectif n’est pas de proposer un régime supplémentaire, ni de culpabiliser la personne sur ses habitudes. Il s’agit de comprendre son fonctionnement, ses habitudes alimentaires, son rythme de vie et ses difficultés afin de construire progressivement des changements réalistes et durables.
Le traitement peut être une aide précieuse. La diététique permet d’apprendre à vivre avec son corps, ses sensations et son alimentation, pendant et au-delà du traitement.
Parce que la prise en charge de l’obésité ne se résume pas à un chiffre sur la balance : elle concerne aussi la santé, les habitudes de vie, le rapport à l’alimentation et la qualité de vie.
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Héléa ROUSSEAU
Diététicienne – Nutritionniste
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